Interrogations métaphysiques
Journée pluvieuse et grise, me voilà en pleine déprime pré-hivernale. Nan, je rigole. Mais il y a quand même un sujet pas très ludique qui me taraude, et que j’aimerais partager avec vous.
Nous sommes tout(e)s, ou presque, adeptes du naturel à fond (ou presque), des choses qui nous font du bien et pas qu’à nous. J’imagine que parmi les cosméteuses, beaucoup sont sensibles à l’écologie. Combien d’entre nous essayons de manger bio ?
Pour ma part c’est un choix, je mange bio autant que possible, et pas que pour moi. En premier lieu et avant tout, pour la nature. Pas de pesticides qui polluent la terre, respect des cycles biologiques, biodiversité, tout ça.
Certaines vont même jusqu’à acheter des produits locaux et de saison en priorité. Je l’avoue, j’essaye mais c’est un pas que j’ai encore du mal à franchir, difficile de résister à ma dose de poireaux en juillet et à mes cranberries séchées du Canada au petit-déj.
Bref.
(Je disgresse, mais j’arrive au but)
On essaye de manger bio, on essaye de manger local. Pourquoi ? Pour minimiser notre impact sur l’environnement. La fameuse empreinte écologique, l’empreinte CO².
Alors je regarde dans mes tiroirs à cosméto (et j’hallucine du nombre de matières premières que je possède), et je m’interroge.
Quel est le coût écologique de mon huile de coco ?
De mon karité ?
De mon huile d’inca inchi même pas bio ?
De ma poudre de tepezcohuite ?
De mon HE d’Ylang-Ylang, de celle de de Santal Blanc ?
DE MON HUILE DE PALME ?
Vous allez me dire, on aime acheter du karité équitable qui aide les petites filles africaines à aller à l’école, et l’HE de palmarosa de Madagascar soutient l’économie locale, qui en a bien besoin.
Certes.
Mais parlons écologie. Il y a les problématiques de culture qu’on ne maîtrise pas (et sachons rester critiques envers les beaux discours des importateurs), voire qu’on ne connaît pas (qui peut me dire comment est cultivé/récolté -et par qui- le tepezcohuite de mon gel exfoliant ?).
Et il y a aussi le transport.
L’huile de pépins de fleurs d’arbre à étoiles de la Lune, utilisée depuis des millénaires pour soigner tout et n’importe quoi et rendre irrésistibles les Luniennes, ne vient pas à nous à la seule énergie de ses petites jambes musclées (qui a dit Schadoks ?)
Alors des fois, je me dis que je pourrais parfaitement trouver aussi efficace, même si moins exotique, dans les produits que la nature nous offre par chez nous. OK, je trouve ça moins sympa et fun, et je ne résiste jamais bien longtemps, mais parfois ma conscience me titille…
Ais-je vraiment besoin d’acheter ce moule en forme de machin, aux US ? Cette fragance au Japon ? Cette HE en Inde ? Ce beurre en Australie ?
Ce sel en Himalaya ?
Est-ce qu’en Europe (voyons large), je ne peux pas trouver quelque chose qui sente aussi bon, qui me fasse autant d’effet ? Qui me rende aussi belle, même si moins mystérieuse ?
Je les veux, je les convoite. Et je me les achèterai certainement…
Mais à quel prix ?
Note : ce post n’est absolument pas polémique, et n’y voyez rien d’autre que ce que je me reproche à moi-même. Je voudrais juste savoir comment vous, vous vivez la chose ? Vous êtes-vous déjà posé ce genre de question ?